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Les moyens de faire parler

Général

Je ne connais les États-Unis que de loin. Je ne sais pas dans quels autres pays le port d'arme est aussi courant. J'ai simplement l'impression qu'on y respecte la Constitution comme des écriture saintes. Un message dont on ne sait plus isoler les circonstances.

Il restera toujours plus facile de tuer avec un fusil mitrailleur qu'avec ses propres mains. Si l'on est si confiant dans les valeurs de sa nation, si l'on cherche à les promouvoir à travers le monde, pourquoi n'en sectionner que certaines ? La bombe atomique n'est que le pistolet des États voisins.

Mauvaise nuit

J'y songe

Viens, on va violer quelqu'un qui me ressemble.

Putain de cauchemar. Deux heures à essayer de me rendormir et d'effacer cette phrase. Lancée alors que nous étions dans un ruelle sombre. Elle était si glaciale, me toisant de son air pénétrant. Je ne lui en ai pas tenu rigueur le soir lors de nos quelques billards.

Coups de couteau

Général

Les films sont parfois interdits à certaines tranches d'âge. Trop violents. Dans le milieu des jeux-vidéos on tourne en ridicule les arguments avancés dans cette optique. Facile. Ce ne sont que des jeux. On sait faire la différence. À la limite il faut l'expliquer une fois ou deux.

Jamais personne n'a entendu parlé d'habituation ? Un mécanisme contre lequel on ne lutte pas facilement, qui peut ronger notre réactivité.

Qui peut nier la force du tabou ?

Comment s'offusquer d'une scène de sexe, prendre les armes, quand on passe l'éponge sur un peu de sang ? Entre tuer et faire l'amour, un seul a de la valeur. Une qualité qu'on peut aisément faire comprendre. Pourtant mon regard ne se détourne pas forcément au bon endroit.

Aux pieds de la tour

Général

Je freine juste avant les escaliers, descends de mon vélo à la volée. L'enchaînement est bien rodé, je le rentre prestement dans son local. Un jeune qui attendais devant la porte d'entrée de mon immeuble m'aborde. Il a trois ans de moins que moi. Il me vouvoie. Le choc est d'autant plus grand que les paroles penaudes contrastent avec les habits de "sport". Il me demande si je ne connaîtrais pas "une fille" de la résidence. Étant donné ma tendance à esquiver mes voisins, je réfléchissais au moyen de formuler mon incompétence sans paraître malhonnète.

D'autant plus qu'il avait bien peu d'éléments en main pour investiguer. Elle est jeune, de sexe opposé au sien, habite ici. J'essaie de lui arracher une description sommaire, son nom de famille. Il ne connais pas même son prénom. Il travaille dans le chantier d'en face. À plusieurs reprises il a remarqué une fille sur son balcon. Tout simplement. La veille il a déjà fait le pied de grue en espérant qu'elle descende à sa rencontre. Son aire ennuyé fini de m'attendrir. Mais je ne peux rien pour lui. Je rentre mon vélo, je monte chez moi.

Je dois repartir dans la foulée. D'accord je connais peu mon voisinage, mais il se trouve que je fais quand même la bise à la fille de mon âge avec qui j'ai partagé le même collège quelques années durant. Une fille qui habite l'étage montré du doigt par l'ouvrier rêveur. Ma mère, un peu plus au fait, confirme même l'appartement. Je retrouve heureusement Roméo pour lui annoncer la bonne nouvelle et lui donner un nom. Que je ne sais pas orthographier. Je le dirige peut-être vers la mauvaise sœur, mais cette histoire m'aura donné du baume au cœur.

Déjà pris

Général

Ère de l'informatique, de la communication, de la protection du contenu.

Se cacher de lire un livre qui nous est interdit. Et si les grands philosophes antiques avaient déposé des copyright sur leurs textes ? Des brevets sur leurs idées ? Les descendants de Pythagore, les détenteurs des droits d'exploitation de son théorème auraient leur mot à dire dans bien des domaines. Verrouiller le savoir. Quand l'argent a le pouvoir d'écraser toute remise en question.

Les artistes peuvent-ils disposer de leurs œuvres ? Les enchaîner, des dompteurs qui mettent à l'abri du public leurs créations. Ou les monnayent contre des pièces sonnantes et trébuchantes. Maintenant l'Art a un but ?

J'avoue avoir encore du mal à l'idée que d'autres personnes que moi tirent bénéfice (...mérite) de mon travail, quel qu'il soit. Mais comment puis-je refuser de léguer aux autres ce que peut apporter mon passage sur Terre ? Au lieu de laisser brûler en vase clôt, laissont une chance à la chaleur d'aller exciter d'autres atomes.

Recompter

Post-It

(suite)

Vivre sans dormir : 60 ans au lieu de 40 ? Travail rébarbatif et abrutissant huit heures par jour Vs. vie aventureuse, découvertes, réflexions, méditation. Une place dans la société au détriment de l'épanouissement personnel. Lequel critiquer ?

Répétitions

Intime

Au coin de la rue, ces doigts tendus l'un vers l'autre
  Au coin de la rue, elle que je ne voulais pas reconnaître
  Au coin de la rue, lui que je ne voulais pas saluer
  Au coin de la rue, je les ai laissé continuer
 

Dans la rue, j'ai marché à la traîne
  Dans la rue, un ami plein de sollicitude
  Dans la rue, j'étais toujours en retrait
  Dans la rue, j'essayais de mettre de l'ordre dans mes idées
 

La rue quittée, nous nous sommes tous retrouvés
  La rue quittée, je les ai observée
  La rue quittée, je gardais un moral de façade
  La rue quittée, je me suis contraint à les voir heureux
 

Et moi qui ne peux plus chasser ces images de ma têtes. Cette main qui n'enserre pas la mienne. Cette autre qui s'y accroche naturellement. Un garçon que je n'aurais pas de mal à apprécier. Qu'à-t-il pourtant de plus à proposer ? Pourquoi n'ai-je pas cette chance d'être à ses côtés ? Qu'elle me désire seulement, pas même beaucoup, pas même longtemps. Si après tout elle me manquait ?


Je pourrais, mais non je ne toucherai pas au texte après l'avoir laissé dans un coin pendant un mois.

Grand Froid

Ailleurs
Russie

Février, une occasion d'y passer 10 jours à ne pas rater. Compagnie aérienne russe. Ce ne sont pas de vieux coucous à hélices qui nous mèneront pendant 4 heures de vol à Moscou mais des Airbus tout ce qu'il y a de plus classique. Partenariat avec Air France. C'est en France que j'ai vu caler des avions avec des morceaux de bois. Pourquoi faire compliquer ?

Pour faire du tourisme, la période que nous avions choisi n'était pas la meilleure. Grand vague de froid, température à notre arrivée : -23°C. On a attendu le bus qui nous mènerait à notre hôtel quelques minutes dehors, la nuit tombé, le visage a senti la différence. Les narines surtout, instantanément glacées. Notre complexe hôtelier était composé de deux grands bâtiments, chacun comportant deux ailes. Des restaurants, un cyber café, des bars, des magasins, une boîte, un casino, des chambres rustiques pour nous. Une belle vue du 19ème étage. Nous aurions pu rester dans l'hôtel, bien tentant face aux rigueurs de l'extérieur.

Premier jour

Un tour rapide dans le voisinage pour se faire une idée. Les guides indiquent la présence d'un marché aux puces et d'une station de métro dans les parages. Nos deux objectifs. Pour moi ce sera deux T-Shirt pour supporter le froid. On sort, choisit de tourner à droite. Le marché semble fermer pour la majeure partie. Nous longeons de grands entrepôts vides, nous entrons dans un labyrinthe de coursives jalonnée de marchands. Des vêtements de toute sorte exposé à ciel ouvert. Des magasins qui auraient oublié de se parer d'une façade. Les propriétaires des lieux ont une mine plus ou moins patibulaire. Ils sont simplement typés d'ailleurs. Les ruelles sont bondées de passants, qui nous doublent de leur démarche assurée. Nous essayons de ne pas glisser sur la neige et la glace qui recouvrent le sol. Interdiction de mettre les mains dans les poches.

À force de tourner, retourner, faire demie-tour, on s'égare. On passe dans l'envers du décor, les entrepôts, de grands espace vides parsemés de camions. Les prix sont maintenant affichés en kopecks. Une femme déambule avec son diable chargés d'ananas à 2 roubles et 46 kopecks (34 roubles = 1 euros). Un homme pellettent la neige avec un manche en bois et un morceaux de bidon. Quelques hommes et femmes passent le temps et combattent le froid en jouant avec un ballon de poches poubelles. On retrouve l'hôtel, je me précipite dans ce bain de chaleur. Il faisait -18. Les autres jours la température se stabilisera à -10.

Second jour

Objectif : prendre le métro pour la place rouge. Il en faut un, mais ce n'est pas moi qui aborde les population locale pour le moindre renseignement armé de deux mots d'anglais et de trois mots d'espagnol. Les gens ne sont pas particulièrement souriants. Le métro est pour le moins boueux quand il neige. Celle-ci se divise en deux : la blanche et la grise. Dès qu'elle est piétinée ou sur la route elle se transforme en pâte brunâtre et perd tout son charme. Contrairement à Paris et à Londres, la barrière ne se lève pas quand le passage est autorisé, mais se baisse quand il est interdit. On peut facilement se faire coincer. La musique ressemble bougrement à celle de chez nous. Blunt est là pour nous mettre du baume au cœur. Le soir on zappe sur la télé russe. Les doublages sont superposés à la bande originale. Une demie-seconde d'anglais et une voix russe en surimpression. On devine au moins ce qu'ils se disent.

Troisième jour

Journée cartes postales. Elles sont longues à écrire ces petites bestioles. Ne pas oublier de mettre le nom du pays destinataire en cyrillique. Plus loin il y a une animation avec des filles légèrement vêtue.

On en apprend un peu plus sur les coutumes locales. Des détails qui anodins qui peuvent faire perdre du temps. Comme se retrouver avec deux tickets de métro au lieu de trois car là-bas le trois ne se fait pas avec le pouce. Index, majeur, annulaire. Ils occultent le pouce. Les restaurant que nous avons eu l'occasion d'essayer n'étaient pas fameux. Chers, pas forcément pittoresques (je sautait pourtant sur le moindre plat inconnu), service interminable (nous allions découvrir par la suite que là-bas la lenteur est un art de vivre). Une demie-heure pour se faire apporter la carte, une heure pour se faire servir en canon. On nous demande systématiquement si nous voulons de l'eau gazeuse ou non, comme dans beaucoup de pays de l'Est il parait. Les serviettes sont fournis par un petit distributeur, à peine mieux que ce qu'on trouve dans les bars à tapas en Espagne. Une boîte de cure-dents est à disposition.

En fin de soirée j'envoie un petit mail pour relater mes folles aventures. Sans recevoir de réponses je me mets enfin à la place de cet oncle qui râle contre mes silences. On aime entendre les personnes auxquelles on tient. Des vigiles se tiennent devant chaque hall d'ascenseurs, oppressants et contrôlant tous ceux qui se rendent dans leurs chambre. On peut pourtant les surprendre à jouer au solitaire ou à esquisser des pas de danse pour contrer l'ennuie.

Avant de s'endormir on regarde quelques épisodes de Six Feet Under. Une série qui mets en balance les deux extrêmes de la vie. Pleine d'ironie et d'humour noir. Dans l'atmosphère de mort ambiante le couple le plus solide, le plus saint, le plus émouvant, est un couple gay. Au détour d'une série télé on se rend compte que définitivement l'amour se suffit à lui-même.

Autres Jours

La place rouge n'a plus de secret pour nous. Visite du tombeau de Lénine (gratuite, mais le dépôt obligatoire des sacs est payant), du kremlin. Des gardes partout, des détecteurs de métaux qui mettent mal à l'aise. Des militaires qui attendant immobiles des heures (au moins cinq à ce que l'on a pu juger) dans le froid pour une parade avec leur président. Des toilettes publiques faites de petites baraques bleues accolées les unes aux autres. Une femme s'y terre à l'une des extrémité, la porte ouverte. La dame pipi locale. Des bureaux de change se trouvent à chaque coin de rue. Plus loin du centre, plus le taux est intéressant. Le triptyque roubles/euros/dollars a du leur faciliter la vie. Il faut faire attention à ne pas se faire prendre sa place dans les files d'attentes, le moindre signe de faiblesse est exploité sans pitié. Ils n'ont pas peur du contact.

Une nuit au vieux cirque de Moscou. Vitrine itinérante du communisme il n'y a pas si longtemps, des souvenirs pour ma petite équipée. Des numéros magiques, impressionnants, scindés d'une musique au goût du jour qui ne plaît pas à tous. Des animaux dont on se demande s'ils n'ont pas mauvaise mine. Content d'avoir pu renouer avec ce spectacle.

Mercredi

Le matin on a trouvé le vrai petit marché. Avec des constructions en bois, une ville miniature. Scindée en deux. À l'extérieur une majorité d'homme qui vendent de tout. À l'intérieur, 50 roubles pour entrer, beaucoup de femmes et une production artisanales (des œufs, des poupées russes, tout un tas de babiole). On culpabilise de ne pas acheter des timbres à type qui parle trois mots de français. Lors d'une chasse à la chapka on s'est fait encerclé, on les a essayé de force sur ma tête. Quand les vendeurs nous ont vus partir ils ont presque baissé leur prix de moitié, impossible de savoir si ils élevaient la voix de rage ou de désespoir. Une femme vend de la chaleur dans son caddie : des thermos remplis de café.

L'après-midi un dernier tour. Au Goum, une grande galerie marchande sur trois niveaux qui respire l'espace avec son toit transparent qui domine, nous avons pris goût à nous y réfugier au milieu d'un séjour dans le froid. Même avec des bas en laines, deux t-shirts, deux pulls, deux paires de chaussettes, le bonnet, les gants, on trouve le moyen de se réchauffer. Dire que les russes ne rechignent pas à découvrir leurs oreilles... Mon seul chocolat chaud de mon séjour. Un chocolat comme dans l'ancien temps, pas de poudre et de lait mais un vrai chocolat fondu à ce qu'on m'a soutenu. Bien épais, plus proche de la Danette que du Nesquik.

Dernier(s) Jour(s) - Le Jour Le Plus Long

C'est pas bien je sais, mais ce n'est pas une chronique originale.

Vendredi, on me réveille vers 11h. Il faut libérer la chambre pour midi et on va devoir attendre quelques heures dans l'hôtel jusqu'à l'arrivée de la navette qui nous amènera à l'aéroport. Le vol est prévu pour 19h30, la navette pour 15h. Ils sont fous de nous faire partir autant en avance.

Je retrouve les parents de mon compagnon de chambre, ainsi que d'autres joueurs. Nous sommes 8 français à attendre le bus. L'hôtel est grand, c'est un complexe de trois bâtiments comportant chacun deux ailes. Nous ne sommes pas très sûr de savoir par quel côté nous devrons sortir, si nous n'avons pas à marcher dehors pour rejoindre encore une autre porte du complexe. Heureusement un arbitre hollandais passe dans le coin et nous renseigne. Au bout d'un moment un organisateur pointe le bout de son nez et annonce qu'il ne faut pas s'inquiéter si la navette a une heure de retard. Personne ne tique, on a toute l'après-midi pour les formalités d'embarquements.

15h. Je me lasse de rester en marges des quelques conversations, je me plonge dans mon livre. Du coin de l'œil je surveille un homme avec un badge qui a une bonne tête de chauffeur. Peu avant 16h le bus arrive. Le gars badgé attendait une tout autre personne. On sort en vitesse de l'hôtel, se débarrasse des bagages et nous allons confortablement nous installer dans les sièges, bien au chaud. Aujourd'hui personne n'est équipé pour supporter sans broncher le froid plus de quelques minutes. Il fera doux en France. On patiente un quart d'heure sans savoir ce que nous attendons pour partir. Un groupe important de chinois arrive et occupe toutes les places libres. On part enfin.

Si on va aussi vite qu'à l'aller on en a pour une heure de trajet. La neige recouvre le paysage, un manteau blanc sur les espaces dégagés et sur les végétaux endormis ; un tapis d'encre boueux sur la route. Plus nous nous éloignons de Moscou et plus le trafic ralentit. Les 5 voies ne semblent pas suffire à absorber tous les camions et toutes les voitures qui se déversent dans le grand axe. Quand nous constatons que le car ne se déplace plus que de quelques dizaines de mètres par minutes chacun guette sa montre. On calcule, on rogne petit à petit sur la plage de 2 heures qui doit séparer l'arrivée à l'aéroport et le départ de l'avion. Je commence à reconnaître les alentours : j'étais concentré sur ce qui m'entourais lors du premier voyage en sens inverse. Je sais que j'avais raté le photo d'un Auchan local, le voir écrit en alphabet cyrillique arrachera bien un sourire aux copains. Je vois l'enseigne au loin, sors mon appareil et la capture. Beaucoup trop flou. Mais je ne peux lutter contre les secousses, la faible luminosité et la distance. Quelqu'un reconnaît un panneau marqué aéroport, on est proche, on est toujours dans les temps. Un autre Auchan. Bizarre, je ne me rappelai pas en avoir vu plusieurs. Aucune infrastructure qui pourrait ressembler à un bout d'aéroport dans le lointain. Les minutes passent malgré les effort que tout le monde fait pour ralentir le temps. Ce n'est pas avec de gros yeux qu'on perturbe la course des aiguilles.

La nuit tombe, cette fois-ci c'est une enseigne lumineuse qui signale un énième Auchan. Ils me narguent. Alors que je me demande si nous ne sommes pas tombé dans une boucle sans fin et que je m'occupe en jouant avec mon numérique sans éveiller le chinois à côté de moi ; nous quittons la route principale. On reconnaît le nom de l'aéroport et le numéro de notre Terminal. Ça va être très juste.

On saute du bus. L'irréparable se produit : mon sac touche le sol, et s'imprègne de neige sale. Notre petit groupe de 8 français se faufile entre les asiatiques et part à l'assaut des remparts qui protègent notre billet de retour au pays. Un contrôle de sécurité sitôt les portes franchies. Un second avant les bureaux d'enregistrement. Avec les minutes qui filent sous nos doigts à faire la queue je décide de la jouer au culot et de garder mes chaussures. Elles sont coquées, c'est un paris risqué. Payant. 15 secondes d'économisées. On se retrouve à attendre notre tour au desk 7. À peine une demie-heure. Ce ne sera pas suffisant. Notre vol est le 7ème Moscou-Paris de la journée, l'avant-dernier. Dans le pire des cas il y a encore bon espoir de prendre le prochain. On nous renvoie à l'autre bout de l'aéroport avec comme seule référence un "two-three-one-one". L'un de nous avance que ça doit correspondre aux numéros des bureaux d'enregistrement. On choisit le 2, on se fait refouler sans ménagement. Passer nos bagages pour la troisième fois aux rayons X aura été inutile. Le bureau d'Aéroflot est tout près. Le responsable ne nous est d'aucune aide. Laurent prend les choses en main et repart voir la première fille pour plus de renseignements. Après une dizaine de minutes on le voit revenir d'un pas rapide. Il nous glisse que maintenant c'est le 2312. Je ne saurais jamais à quoi ça correspond. Cédric, qui parle le mieux anglais, l'accompagne dans ses pérégrinations. J'ai confiance en leurs capacités, je reste à attendre pendant que d'autres vont aux toilettes, vont fumer une clope ou s'acheter à manger.

Verdict : on dort à un hôtel tout près et on prend l'avion le lendemain à 13h55. Tout le monde doit revoir ses correspondances, j'ai un train et une nuit à Paris qui sautent. Au moins je serai toujours chez moi dans à peine plus de 24 heures. Après 2 heures trépidantes on ressort prendre la navette pour Novotel. C'est charmant, les 6 étages de chambres encadrent une immense cour intérieure. Couverte d'une chape en partie transparente, elle contient les tables du restaurant, de la verdure et une petite fontaine. Des ascenseurs vitrifiés jouent un ballet incessant en acheminant les tous les clients de leurs chambres au rez-de-chaussé. Très facile de s'absorber dans ce spectacle pendant le dîner gracieusement offert.

J'ai de la chance, nous avons 4 chambres pour 8 mais celui qui doit dormir avec moi part pour le centre de Moscou assister à l'anniversaire d'une amie. Je serai le seul propriétaire des lieux. On remarque tout de suite que Novotel fait partie d'une chaîne standardisée. Un canal de la télé est dédié à la promotion interne et je découvre que le numéro de l'ascenseur transparent et de l'atrium n'est pas unique. Les spécificités locales ne sont pas respectée : l'étage numéro 1 ne se trouve pas au niveau du sol. 5 langues différentes se côtoient dans la petite boîte, TV5 n'est plus la seule fenêtre francophone. Après avoir bien profité du confort des pièces - le son de la télé dans la salle de bain et il y a même un canapé en plus du lit double ! - j'abandonne ma lutte contre le sommeil sur les 3 heures. Rendez-vous le lendemain matin à 11h30 en bas, on est sûr d'arriver bien en avance ce coup ci.

J'ouvre un œil quand Laurent repasse prendre ses valises. Lui part plus tôt, il en profite pour aller directement à Nice. Une nouvelle nuit avec un déficit d'au moins 3 heures de sommeil. Ce soir je vais bien dormir. On enregistre nos bagages sans encombre, à force de passer aux rayons X je me dis qu'ils risquent de luire dans la soute. Nos billets en main on s'avance dans la queue qui nous mène au contrôle des douanes. Je regrette juste d'avoir manqué le côté hublot. Au bout de la file il n'est pas facile de voir quel poste est libre, il manque parfois peu de chose pour huiler un système. Quelques loupiotes par exemple. Je m'avance. La femme en uniforme me montre mon passeport en me parlant russe. Elle indique la date de validité de mon visa et je lui répond en anglais qu'en effet nous avons raté notre avion la veille. Elle me fais répéter, à l'image du pays je n'ai pas l'impression que le personnel soit très ouvert aux langues étrangères. Même chez les plus jeunes peu parlent anglais. On peut toujours se faire comprendre mais c'est handicapant dans endroit qui se veut international. Un homme arrive, s'entretient avec mon bourreau. On me signale sans autre forme de procès qu'il faut que je laisse la place libre et que je suive mon nouveau guide. On fait le tour des autres postes, mes compagnons sont dans le même cas que moi. Sauf le couple le plus âgé, qui avait prévu de visiter Saint-Pétersbourg et dont le visa n'expire qu'au 31.

Nous sommes 5 à être conduit devant un poste. On nous prend nos billets, nos passeports, on nous laisse poireauter. On se dit que c'est vraiment idiot, on ne va pas nous compliquer la vie pour un visa expiré d'un jour alors que nous n'y somme pour rien. La situation ne doit décidément pas être exceptionnelle. Après un bon quart d'heure on nous fait comprendre qu'on doit faire un autre visa. On demande à ce qu'un représentant de notre compagnie se présente pour régler l'affaire en vitesse, il ne reste bientôt plus qu'une heure et demie avant que l'avion décolle. La tension monte, on plaisante activement sur notre situation. Dire que nous nous amusions à trouver d'où viendrait le prochain pépin. On en rirait jaune.

Mister Aéroflot arrive. Il nous annonce que nous devons payer 2000 roubles d'amande. Puis 70 dollars pour avoir un nouveau visa. 120 euros par personne. Consterné, on se résigne à payer devant l'assurance d'être remboursé. Personne ne s'attendait à ce qu'un 7 à la place d'un 8 pose tant de problèmes. Consternés on garde le sourire en gravant cette leçon dans notre tête. Les baroudeurs qui n'auront pas été refroidis pourront retirer des bénéfices de cette expérience. Marc se dévoue pour accompagne notre protecteur effectuer les formalités. Pendant qu'ils partent de leur côté nous allons pour retirer les devises. Le distributeur ne donne évidemment que des roubles, on y passe une première fois pour compléter les billets qui nous restent et atteindre les 10 000 demandés. Puis on fait la queue au guichet de change pour retirer des dollars. Il y a bien une machine qui permettrait de changer des roubles mais elle n'inspire pas confiance. C'est long. Tout est long. Personne ne semble se presser dans ce pays. Pour ne rien arranger nous même ne sommes plus très frais. Le stress et la fatigue se conjuguent pour nous engourdir. D'abord indécis sur la marche à suivre on nous passe devant. Ici il faut défendre sa place. Et on se rend compte qu'il est important de le faire quand chaque tour peut durer 10 minutes. À nous de passer, on fait comprendre notre souhait. La guichetière, impassible (classique), nous indique d'un mouvement de main d'aller voir à côté. Elle nous chasse comme des mouches. Trop mou pour faire entendre ma voix, nous consacrons inutilement du temps à une nouvelle tentative. Toujours pas le bon guichet. Tout devient comique, et puis même si l'homme de la compagnie aérienne nous a judicieusement indiqué de nous dépêcher nous ne somme plus à ça prêt. Le dernier guichet est le bon - prévisible si on s'était consacré à lire les intitulés. Je ne suis même plus surpris que la personne en face de nous ne comprenne pas "dollar" sur tout les accent et nous fasse choisir entre deux sigles monétaires gribouillés à la hâté. Ça et les chiffres, c'est universel. Elle nous demande nos passeports pour l'opération. Grosse blague. Heureusement nos papiers reviennent à ce moment avec Marc et Monsieur Aéroflot. Ce dernier nous indique qu'il n'est plus la peine de se presser, nous raterons un second avion. Je suis dans un état second où plus rien ne me surprend, où l'enchaînement des évènement n'a plus de prises sur moi. Je suis le spectateur qui note scrupuleusement les étapes successives du sketch dont il est témoins. On fait le plein d'anecdotes. Nos petits-enfants en entendrons parler. Au fait, ce n'était pas 2000 roubles, mais 2060. Une broutille, sauf qu'il faut retirer à nouveau. On arrive enfin à rassembler tout l'argent. Le temps se dilate, et voir 2 employés passer au crible une simple carte bleue ne surprend plus. Nous nous préparons à inaugurer la route qui mène sur la voie de la sagesse. Patience, contemplation.

Nous partirons à 21h05. Après un 2 cafés, 2 cocas et un thé payés plus de 400 roubles (cette fortune n'aura pas suffit à me fournir mon jus d'orange) nous avons nos billets. Puis nos visas. Oh qu'ils sont jolis les deux bébés. Ils brillent et décorent bien mon passeport tout neuf. 7 heures dans l'aéroport, on nous offre un repas. Envoyé un étage en-dessous, le comptoir que l'on nous a indiqué est fermé. Nous n'intéressons ni celui qui tient le stand Aéroflot ni celui situé de l'autre côté. Un temps. Cédric décide de retourner au local Aéroflot pour savoir quoi faire. On s'installe, une nouvelle fois chacun y va de son petit bonhomme de chemin. Une demie-heure plus tard on a nos coupons. 370 roubles par personnes. On a beau regarder les prix, on dépasse le quota, parfois largement. Il faut dire que les prix sont virtuels, chaque portion est pesée et même si elles ne payent pas de mine elle doivent être plus lourdes que prévu. Certainement une conspiration pour ne pas qu'on se pavane hors de Russie avec des gros billets de la monnaie locale. On ne pourrait plus la troquer contre des euros de toute façon. On se venge en rechargeant "discrètement" un portable tombé en rade de batterie au plus mauvais moment. Il aura fallu du temps pour que l'un de nous se rende compte qu'il avait le chargeur adéquat dans son sac. Moi je n'ai pas eu de chance avec ma carte téléphonique internationale. On s'installe, les tables pour quatre sont exigües pour trois. Je mange finalement à ma faim (salade, saumon, riz, pain-qui-n'en-est-pas-un-vrai-car-il-est-fourré-au-chou). Commence une longue attente. On se dit qu'à 19h05 on bouge. Malheureusement pour lui, le 5 ème ne sait pas jouer à la belote. J'ai appris les règles la semaine passée et les heures sont plus courtes. Du coin de l'oeil j'observe le personnel de la cafétéria. Féminin à une exception, il se relaie pour surveiller les tables. Elles aussi elles doivent s'ennuyer. Je ne sais pas comment elles font pour rester alertes. Je n'ai même plus la force de culpabiliser de garder si longtemps ma place sans consommer.

Le moindre prétexte est bon pour avoir l'impression de faire quelque chose. Accompagner pour acheter des clopes. On part dans la mauvaise direction ? Pas grave, on fait le tour. Allons à l'étage. H-2. Le vol est affiché. Branle-bas de combat. En route ! Billets : OK. Pas de bagages. Oui, car eux n'ont pas eu de problèmes de visa et nous attendent à Paris. Normalement. On passe les douanes. On me baragouine quelques mots de russe en me montrant mon visa. Je renonce à comprendre et acquiesce. Ça l'étonne de voir un visa d'un jour ? De l'autre côté notre club des 5 se reforme et nous retrouvons les autres passagers. Nous ne sommes pas les seuls à avoir eu une galère. Une classe est repartie sans ses accompagnateurs. Ils sont restés à Moscou avec quelques élèves, ils sont sept, ils étaient sur le vol que nous n'avons pas pris en début d'après-midi.

Presque 4 heures de vol, de grosses turbulences en descendant sur Paris...super, on fait un tour de Space Mountain gratuit. À minuit, même un grand aéroport comme Charles de Gaule est moribond. Il reste encore une personne au service des bagages pour confirmer leur présence (dire qu'on a failli aller les chercher en plein Paris, ils étaient à la charge de nos deux camarades rescapés de la première heure). Rien d'ouvert pour prendre un verre, pas de coin internet pour regarder quels sont les train du lendemain, on croise deux personnes qui nous indiquent ou prendre des Taxis. Nous serons trois à en prendre. Arrivé vers une heure du matin chez le frère de maman de mon ami, vive la famille. Train réservé. Je dors sur le sol dans un couloir. Moins de 4 heures de sommeil, on se lève à 5h45 pour prendre un train qui part à 6h50 de Montparnasse. Le premier, le moins cher. À ce moment de la journée la capitale est tranquille.

Arrivée chez moi à 10h23, le paysage est vraiment magnifique à certains endroits. Ces dernières 48h j'ai rarement autant désiré de rentrer à la maison. C'est quand on quitte les choses qu'on prend conscience de leurs valeurs.

Post Scriptum

J'ai oublié de parler de ma chambre d'hôtel vieillotte mais confortable. D'un détail qui a attiré mon attention : les toilettes. Comment dire...le petit trou rempli d'eau est complètement sur l'extérieur, ce qui laisse un fond plat occupant presque toute la surface des toilettes à mi-hauteur. Je passerai sur l'effet occasionné, mais je suis intrigué ; est-ce une caractéristique propre à la Russie ? Il ne faut pas désespérer, un jour nous aurons tous nos cabinets avec des jets d'eau, ce qu'on peut trouver au Japon.

L'autre anecdote concerne le lait. En France nous avons du lait entier, demi-écrémé ou écrémé. Là-bas il est décliné suivant son pourcentage de matière grasse, avec un prix qui grimpe vite quand on passe de 0,2 à 3,5 %. Tous les intermédiaires doivent exister. Si mon palais n'est pas assez fin pour détecter une différence, il s'est en revanche rendu compte que la première fois j'avais acheté de la crème fraîche. Après deux verres je l'ai abandonné à la poubelle, j'avais appris un nouveau mot : молоко.

Et alors, t'es allé à la manif ?

Général

Non. Je ne veux pas parler du CPE en lui-même, je vais jouer l'égoïste : je ne me sens pas concerné. Et quand bien même je le suis, je ne vais pas aller gueuler pour la seule raison que tout le monde le fait, mouvement de masse toujours dangereux. Quand j'entends mes copains en discuter, même moi qui me désintéresse de l'actualité je relève des incohérences. Puis le lis un http://maitre.eolas.free.fr/journal/index.php?2006/03/25/309-faisons-le-point-sur-le-cpe qui remet en place les contestations les plus vives. Alors oui j'ai tendance à me laisser convaincre par la première argumentation sur laquelle je tombe, je fais confiance à l'expertise de celui qui tient le discours.

Il est dommage qu'on ne mette jamais assez de distance entre nous et nos prises de décisions, nos actions. Le danger est de se tomber dans un certain laisser-aller (les trains se suivent et me filent sous le nez) ; en contrepartie on ne se laisse pas embringuer facilement, aveugler.

Ce mécanisme semble pourtant avoir fait de bonnes choses, différentes révolutions ont éclaté de la sorte. À lire L'Enjomineur de Pierre Bordage je me dis cependant que même la révolution française est loin d'être rose. Le peuple scindé en deux, la barbarie, une élite qui veut le pouvoir. Un livre de fantasy pour document historique ? C'est lui seul qui m'ait sensibilisé à la question, si même une faible part colle a la réalité alors on peut toujours conclure que la foule est une arme dangereuse. Une force qui sommeille en chacun de nous, cette mystérieuse conscience supplémentaire qui se matérialise dans tout groupe. Et si on la reconnait, peut-on condamner cet instinct quand on le loue dans des occasions similaires ? L'homme social est bien complexe.

Une image

Des Sens

Il fait nuit, nous sommes sur une voie rapide et nous arrivons au sommet d'une colline. Sous nos yeux se déroule soudain un long tapis sinueux composé de diamants et de rubis étincelants. Un fleuve dichromatique coule à nos pieds. Une moitié rouge qui s'enfuie vers le lointain et l'autre blanche qui remonte la côte à notre rencontre, illumine notre flanc droit.

J'ai mis du temps à décider si le moment méritait d'être immortalisé par l'appareil photo que j'avais pris soin de prendre dans la voiture. Malgré les mauvaises conditions de prise de vue j'ai fini par conclure un peu tard que c'était le cas. Nous n'avions plus la hauteur nécessaire pour apprécier pleinement la scène.

Combien de photos manquées ? Et alors, même si j'avais pu figé une image, est-ce le meilleur moyen de préserver ce souvenir, cette métaphore étrange qui m'avait sauté à l'esprit ? Je peux tout aussi bien essayer de les rendre avec des mots, qui exprimeront d'autant mieux mon point de vue. Difficile de ne pas pouvoir emprisonner ce fragment, de devoir le laisser vagabonder dans le passé. Au moins faut-il garder les sens ouverts au présent.

Des différentes approches

Post-It

Wikipedia, c'est bien. Amélioration : proposer plusieurs approches de certains sujets, par exemples certains évènements de l'histoire, qui peuvent prêter à polémique. Au lieu de laisser les différents mainteneurs de la page guerroyer, chacun pourra travailler sur sa vision, avec au-dessus une synthèses de ces différents points de vue. Chacun sa réalité.

Musique !

Des Sens

Avant j'entendais à la télé une chanson, j'achetais l'album.

Maintenant j'entends une chanson par hasard, je télécharge l'album, je l'achète. Comme si un ami me l'avait prêté le temps que je me fasse un avis. J'ai comme ça dans ma collection des disques qui avaient peu de chance d'y atterrir. Une bonne méthode pour mon éclectisme.

Un ensemble de mix DDR superbement réalisés par des fans : Foonmix. Je jette mon dévolue sur Star dust - "faraway ignis" d'un certain Ridis. En quête de l'album, tout émoustillé par cette mélodie électronique qui me berce et me rappelle certains niveaux de Sonic & Knuckles. Quoi ? Pas d'album ? Si peu de musique du même artiste ? Seul un obscur label semble avoir édité des...vinyles ??

Pourquoi une personne ne se contenterait-elle pas de produire quelques morceaux avant de passer à autre chose ? Ou bien choisir une filière hors des sentiers battus pour faire vivre sa passion. Quand le monde de la musique dévoile une autre réalité.

C'est une bonne chose mais je fais comment moi maintenant ? Je n'essaie même pas de parcourir les plateformes de téléchargement. Et d'un ça ne correspond pas à ce que je recherche (elle est déjà sur mon disque la bestiole) et de deux ce système me rend très sceptique. Bien cher pour quelques bits à transiter sur Internet. Je suis sans doute trop attaché au physique. Invraisemblable de ne pas accéder à un catalogue complet. Les disquaires sont à ce point retranchés dans des camps ? Le numérique offre la possibilité de constituer une bibliothèque exhaustive.

Une enseigne unique qui regroupe tout le marché. Des grades différents qui échelonneraient le contenu : commercial, indépendant, amateur. Il faut pouvoir s'y retrouver. Une création de CDs sur demande, avec le boîtier et la pochette qui vont bien, en ajoutant seulement ces frais aux pistes qui auront déjà été achetés dans le passé. Historique en ligne : une fois et c'est toujours disponible.

Quelques photos plus tard

Général

Je suis l'heureux possesseur d'un appareil photo numérique Panasonic DMC-FZ5. Mon premier appareil photo. Si l'on excepte ce jouet que m'avais offert ma grand-mère paternelle quand j'étais petit.

Un bel engin donc, qui m'a permis de mitrailler tout ce qui bougeait (et tout ce qui était immobile) lors de mes quelques escapades. S'il est polyvalent il reste cependant un bridge, maintenant que j'ai mesuré le gouffre qui le sépare des réflexes.

Un niveau de prix supérieur. Mon père, pour qui les critères d'évaluation d'un APN sont réduits (il faut qu'il tienne dans la poche), a du mal à comprendre. De mon côté à force de tâtonnements j'ai mis le doigt sur les principaux points qui me font lorgner vers cette catégorie :

  • Le grand angle. Le "36 mm" minimum frappé sur mon appareil m'a parlé le jour où j'étais trop proche d'une scène pour la saisir en son entier. J'aurais voulu zoomer négativement. Bingo ! Plus la distance focale est petite, plus l'angle d'incidence des rayons lumineux est important et plus l'objectif peut embrasser le sujet. NB: différent de l'effet obtenu en reculant simplement, mais je suis encore loin de pouvoir donner un cours.
  • Photos de nuit. Temps de pose limité à 8 seconde, un peu juste pour un cliché par nuit obscure. Pas de mode bulb où l'exposition indéfinie permet d'imprimer le mouvement des étoiles. J'ai été conquis après avoir vu les résultats étonnants que cette technique pouvait produire.
  • Les photos en faible lumière. Sans trépied, sans flash, comment éviter le noir absolu ou le flou "artistique" ?
    • Monter dans les ISO. Augmenter la sensibilité du capteur à la lumière, au détriment de la qualité de l'image. Un bruit devient vite présent, des parasites difficile à éliminer sans adoucir l'image. Les réflexes sont bien mieux pourvus en ce domaine, ils offrent une meilleure image avec une sensibilité 8 fois plus importante.
    • Utiliser une grande ouverture. Un diaphragme au fonctionnement similaire à celui de notre iris laisse logiquement passer plus de photons quand il n'est pas réduit à une tête d'épingle. Je ne sais pas encore si c'est lié à la qualité de fabrication ou à la technique employée ; mais il est beaucoup plus difficile de trouver sur les réflexes des objectifs à la fois lumineux et comportant une large plage de focales. C'est ici qu'on perd la vitesse gagnée avec les ISO.
    • Un objectif stabilisé. Nous ne pouvons éviter de faire trembler un objet saisi à main levée. Il existe maintenant des stabilisateurs optiques qui compensent ce mouvement et permettent d'obtenir une image nette à des vitesses d'obturation faibles. En effet, plus cette dernière est élevée et plus le sujet est figé mais moins longtemps le capteur est baigné de lumière. Retrouver la qualité du stabilisateur de mon Panasonic sur les cailloux (je me la pète avec un nouveau jargon) Canon ou Nikon fait grimper leurs prix.
    • Le photographe. L'homme est au commande, qu'il lui suffise de cadrer avec le viseur collé à la tête, de s'accouder à un support stable, d'utiliser le retardateur afin de ne pas faire bouger l'appareil en appuyant sur le déclencheur et d'expirer lentement pendant la prise de vue pour diminuer significativement le flou du rendu final. J'arrive ainsi à limiter la casse avec des temps de pose d'un quart de seconde.
  • Les couleurs. Entre celles perçues par l'œil sur le feu de l'action et celles qui seront imprimée sur papier il y a un monde.
    • La balance des blancs. Notre cerveau compense automatiquement la teinte de la lumière ambiante. Une feuille éclairée par une lampe incandescente nous apparaît toujours blanche alors qu'elle est orangée. L'APN peut essayer d'effectuer la même opération en mesurant la température de la lumière ou nous pouvons l'y aider en lui indiquant un aplat normalement neutre.
    • Le format RAW. Le capteur fournit une image qui va être transformée en JPEG par un quelconque traitement. Or il y a perte d'informations. Notre œil ne distingue qu'une quantité limitée de couleurs, bien moins que ce que peut déjà fournir un fichier .JPG. À l'origine un fichier RAW en contient 4096 fois plus. De quoi avoir une latitude beaucoup plus importante pour traiter l'image sur l'ordinateur. Effectuer la balance des blancs tranquillement assis ou corriger l'exposition en gardant de jolis dégradés.
    • Le perfide écran. Un moniteur informatique ne restitue pas toujours correctement les couleurs. Conception, paramètres, lumière ambiante, autant de paramètres qui peuvent faire varier l'affichage. Solution : le calibrer. Il existe des sondes qui vont se coller à l'écran et qui vont mesurer les disparités entre les mires théorique et effective. Le logiciel fournit créera un profil dès lors utilisable par le logiciel de retouche d'image. Celui-ci modifiera l'affichage de l'image afin de refléter l'original. Un procédé similaire est utilisé pour que l'impression ne trahisse pas à son tour le rendu.

Je m'excuse si j'ai fait des erreurs de compréhension de ces points de technique ou si j'ai effectué des approximations trop hasardeuses. Je me corrigerai.

Quelle peine ?

Post-It

Déjà évoqué mon point de vue. Un enfant commet un meurtre. L'incarcération serait le meilleur remède ? Lui instiller la peur de la prison alors que si on peut changer les valeurs d'un homme c'est bien lui le meilleur sujet ?

Comment trouver la méthode miracle qui redresserait nos têtes blondes ? Prendre un sujet. Un acte qu'il ne réprouve pas. Ni lui, ni la morale ni la lois : il sera le plus intimement convaincu de n'avoir pas mal agi. Tout faire pourtant pour le "condamner" et trouver la méthode psychologique qui changerait son opinion.

Un moyen doux mais néanmoins une manipulation. Ou alors rendre le monde inoffensif.

Diablement rusés

Général

Ici je regrette de ne pas avoir une audience. Mon expérience aurait pu être profitable à quelques uns.

Alléché par l'odeur d'un Canon 350D que tenait en son bec un vendeur d'ebay je l'ai contacté par e-mail. Mise aux enchère à 350€, tout comme son copain le 20D, on saute sur l'occasion. Un e-mail avec "pour l'achetez maintenant pour un bon prix". Oui, 450€ c'est toujours très bon. Payer à la livraison ? Hop je donne mon adresse.

[...]

Un ami, qui a déjà utilisé ebay, m'avait lancé sur cette piste. Passionné de photo, il avait de son côté contacté un autre vendeur. Un italien, correspondance en anglais, prix en dollars canadien. Son avantage : son profile affiche un taux de satisfaction de 100% sur des milliers d'objets. Lui vend 3 canon pour le prix d'un. Hop un mail. Pour acheter s'adresser à un tiers de confiance. www.icargo-transporter.com. Je ne connaissais pas ce système, qui me semble très ingénieux. Une société neutre s'occupe de la livraison et de la transaction financière. Si on prend le colis, l'argent laissé en dépôt tombe dans la poche du vendeur. Ça met en confiance. Sauf que le site que le gentil italien propose est introuvable sur Google. Je passe les autres détails qu'on révélés mon investigation, un site tente de recenser ces escrocs : http://www.joewein.de/sw/fraud-support-escrow.htm. Les vrais services de ce type ont leur page sur ebay : http://pages.ebay.fr/help/community/escrow.html. Oui, "escrow".

Je suis souvent impressionné par les stratégies mises en place pour duper les gens. Ils y a des personnes intelligentes qui y travaillent. J'avais déjà particulièrement apprécié les URL en UTF-8 qui pouvaient écrire dans la barre d'adresse "ebay.com" avec des caractères y ressemblant comme deux gouttes d'eau.

Étonnant qu'un si grand vendeur sur ebay fraude à côté. Ebay a quand même envoyé au bout de quelques heures d'échange un mail d'avertissement (depuis frrswebformulier@ebay.fr) portant sur ce genre de pratique.

Lendemain matin, le premier vendeur contacté reviens à la charge. Un soit-disant espagnol que j'attendais au tournant. Lui son truc c'est d'annuler ses ventes au bout d'un jour (il s'en fiche des enchères monstrueuses) et de recommencer dans la foulée pour attirer le gogo. Il dit envoyer le colis par DHL, intervalle de quelques minutes entre cette affirmation et la réception d'un email de confirmation. Celui-ci prétend provenir de DHL et fournit une adresse de contact afin de donner les coordonnées d'un virement Western Union. Sauf que admin@dhl-customer-service.com n'est pas DHL. Un simple phising, tactique différente. Moyens différents. Lui a fait grimpé sa côte en vendant des tonnes de fringues dans les 5 euros.

Le marché de la drogue inspire les scènes les plus glauques dans les films. J'ai lu que le cybercrime avait maintenant un plus gros chiffre d'affaire. Un bel avenir. On s'inscrit où pour devenir un policier du binaire ?