Non. Je ne veux pas parler du CPE en lui-même, je vais jouer l'égoïste : je ne me sens pas concerné. Et quand bien même je le suis, je ne vais pas aller gueuler pour la seule raison que tout le monde le fait, mouvement de masse toujours dangereux. Quand j'entends mes copains en discuter, même moi qui me désintéresse de l'actualité je relève des incohérences. Puis le lis un http://maitre.eolas.free.fr/journal/index.php?2006/03/25/309-faisons-le-point-sur-le-cpe qui remet en place les contestations les plus vives. Alors oui j'ai tendance à me laisser convaincre par la première argumentation sur laquelle je tombe, je fais confiance à l'expertise de celui qui tient le discours.

Il est dommage qu'on ne mette jamais assez de distance entre nous et nos prises de décisions, nos actions. Le danger est de se tomber dans un certain laisser-aller (les trains se suivent et me filent sous le nez) ; en contrepartie on ne se laisse pas embringuer facilement, aveugler.

Ce mécanisme semble pourtant avoir fait de bonnes choses, différentes révolutions ont éclaté de la sorte. À lire L'Enjomineur de Pierre Bordage je me dis cependant que même la révolution française est loin d'être rose. Le peuple scindé en deux, la barbarie, une élite qui veut le pouvoir. Un livre de fantasy pour document historique ? C'est lui seul qui m'ait sensibilisé à la question, si même une faible part colle a la réalité alors on peut toujours conclure que la foule est une arme dangereuse. Une force qui sommeille en chacun de nous, cette mystérieuse conscience supplémentaire qui se matérialise dans tout groupe. Et si on la reconnait, peut-on condamner cet instinct quand on le loue dans des occasions similaires ? L'homme social est bien complexe.