Au coin de la rue, ces doigts tendus l'un vers l'autre
  Au coin de la rue, elle que je ne voulais pas reconnaître
  Au coin de la rue, lui que je ne voulais pas saluer
  Au coin de la rue, je les ai laissé continuer
 

Dans la rue, j'ai marché à la traîne
  Dans la rue, un ami plein de sollicitude
  Dans la rue, j'étais toujours en retrait
  Dans la rue, j'essayais de mettre de l'ordre dans mes idées
 

La rue quittée, nous nous sommes tous retrouvés
  La rue quittée, je les ai observée
  La rue quittée, je gardais un moral de façade
  La rue quittée, je me suis contraint à les voir heureux
 

Et moi qui ne peux plus chasser ces images de ma têtes. Cette main qui n'enserre pas la mienne. Cette autre qui s'y accroche naturellement. Un garçon que je n'aurais pas de mal à apprécier. Qu'à-t-il pourtant de plus à proposer ? Pourquoi n'ai-je pas cette chance d'être à ses côtés ? Qu'elle me désire seulement, pas même beaucoup, pas même longtemps. Si après tout elle me manquait ?


Je pourrais, mais non je ne toucherai pas au texte après l'avoir laissé dans un coin pendant un mois.